Pendant près d’une décennie, Marrakech a été le théâtre d’une manche du Championnat du Monde des Voitures de Tourisme (WTCC, puis WTCR). Ce rendez-vous avait placé le Maroc sur la carte des grands événements FIA, offrant une visibilité rare pour le sport automobile africain. Mais depuis la fin de cette aventure, que reste-t-il réellement de cet héritage ?

L’âge d’or du WTCC à Marrakech
Le circuit Moulay El Hassan, tracé urbain situé au cœur de la ville ocre, a accueilli pour la première fois le WTCC en 2009. Cet événement était une première en Afrique, et une immense fierté pour le Maroc, qui devenait ainsi un acteur du calendrier international de la FIA. Chaque année, les bolides de tourisme débarquaient à Marrakech, attirant des pilotes de renom et un public passionné. L’ambiance unique, mélange de modernité et de tradition marocaine, avait séduit les observateurs. Pour beaucoup, c’était la preuve que le royaume pouvait organiser des compétitions d’envergure mondiale.
Un héritage FIA en suspens
Malgré ce succès, la présence du WTCC – devenu WTCR en 2018 – s’est progressivement essoufflée. Les contraintes logistiques d’un circuit urbain temporaire, les coûts élevés et l’absence d’une industrie automobile locale directement liée à la compétition ont fini par peser lourd. Depuis la disparition du WTCR en 2023, Marrakech n’accueille plus de course FIA, laissant un vide dans le paysage du sport automobile marocain. Pourtant, l’expérience a laissé une trace : infrastructures partielles, compétences locales en organisation d’événements, et surtout un héritage symbolique fort. Marrakech reste, dans les esprits, « la ville qui a fait vibrer la FIA en Afrique ».
Quelles leçons pour l’avenir ?
Le cas de Marrakech illustre à la fois le potentiel et les limites du Maroc dans le sport automobile international. D’un côté, la réussite de l’événement a prouvé que le pays pouvait séduire la FIA, attirer des sponsors et accueillir des milliers de spectateurs. De l’autre, l’absence de stratégie à long terme et de circuit permanent homologué a empêché la pérennisation de l’expérience. Si le Maroc souhaite renouer avec une présence durable sur la scène internationale, il devra tirer parti de cet héritage : investir dans des infrastructures modernes, soutenir les talents locaux, et s’appuyer sur le tourisme pour attirer à nouveau de grandes compétitions.
Le WTCC a marqué une page mémorable de l’histoire du sport automobile marocain. Si Marrakech n’accueille plus de course FIA aujourd’hui, l’expérience reste un symbole fort : celui d’un Maroc capable d’entrer dans le cercle fermé des destinations du sport auto mondial. La balle est désormais dans le camp des décideurs, pour transformer ce souvenir en tremplin vers un avenir plus ambitieux.
© Paddock Team
