Depuis l’avènement de ce que l’on appelle rapidement l’âge d’or des Hypercars, un sujet reste central dans la classe reine du Championnat du monde d’endurance (WEC) : les voitures construites selon deux réglementations différentes – Le Mans Hypercar (LMH) et LMDH – s’affrontent en tête de la série. Mais un mouvement vers des règles communes semble enfin prendre forme.
Ce processus démarre cette semaine avec la première série de réunions de suivi de l’annonce faite lors des 24 Heures du Mans en juin, confirmant que la division Hypercar sera prolongée jusqu’à la fin de 2032. Cette prolongation fait suite à une décision précédente, qui avait étendu la catégorie jusqu’en 2029. L’extension offre l’espoir de rapprocher les règles et de créer un terrain de jeu plus équitable, réduisant la dépendance à l’équilibre des performances.
Pierre Fillon, président de l’ACO, a souligné lors de la conférence de presse du vendredi au Mans : « Les pratiques doivent être discutées, et nous espérons élaborer des solutions d’ici la fin de l’année. » La volonté des constructeurs d’aligner les règles pourrait transformer durablement la catégorie Hypercar.

# 50 Ferrari AF Corse Ferrari 499p: Antonio Fuoco, Miguel Molina, Nicklas Nielsen | Photo de : fiawec
Chaque constructeur a ses exigences spécifiques. Ferrari, par exemple, a insisté pour un châssis sur mesure afin de conserver l’identité de la marque, choisissant l’itinéraire LMH pour cette raison. Toyota, quant à lui, privilégie le développement de sa propre technologie hybride et de récupération d’énergie, considérant le standard LMDH incompatible avec ses objectifs R&D.
Pour autant, les acteurs du camp LMDH voient des solutions possibles. Thomas Laudenbach, patron de Porsche Motorsport, estime que permettre aux fabricants de développer leur propre châssis et système hybride dans le cadre des règles LMDH est parfaitement envisageable, pourvu que les régulations techniques soient équitables. Andreas Roos, responsable du sport automobile chez BMW, partage cette vision : « Tant que les règles de base sont les mêmes pour tous, il est possible d’avoir son propre châssis ou système hybride. »

# 009 Aston Martin Thor Team Aston Martin Valkyrie: Alex Riberas, Marco Sorensen, # 36 Équipe d’Alpine Endurance Alpine A424: Jules Gounon, Frederic Makowiecki, Mick Schumacher Photo de : fiawec
Bruno Famin, à la tête du sport automobile chez Alpine, ajoute que la priorité sera de maintenir les coûts sous contrôle malgré de nouvelles libertés techniques. Ferrari reste ouverte à la convergence, Ferdinando Cannizzo, directeur technique de ses programmes de voitures sportives, déclarant qu’une plateforme commune pourrait être la meilleure voie pour assurer un championnat équilibré.
Le débat sur la transmission intégrale en LMH, un point de friction initial, a perdu de son importance : les avantages initiaux ont été largement neutralisés par l’arrivée des machines LMDH, qui déploient désormais la puissance hybride principalement en ligne droite. Peugeot, qui a récemment annoncé son retour en voitures de sport, plaide également pour une harmonisation des règles, bien que le calendrier et le moment de cette convergence restent à préciser.
Le consensus semble se dessiner : le BOP (Balance of Performance) restera un outil essentiel pour limiter les coûts et réguler la compétition. Pour le reste, les constructeurs affichent un enthousiasme clair pour des règles communes, condition sine qua non pour que l’âge d’or des Hypercars brille pleinement.
© Paddock Team
