Il y a douze mois, le monde de la Formule 1 paraissait bien différent. Max Verstappen dominait le championnat avec une large avance, tentant de faire passer une voiture capricieuse vers un quatrième titre mondial. Oscar Piastri ne comptait qu’une seule victoire en Grand Prix, tandis que Helmut Marko qualifiait déjà la situation de « préoccupante » après la démonstration de Lando Norris à Zandvoort.
L’alarme a vraiment retenti à Monza : Verstappen n’y avait terminé que sixième, au terme d’un week-end frustrant. « En 2023, nous avions toujours la voiture la plus rapide, mais nous l’avons transformée en monstre », lâchait-il alors, allant jusqu’à douter de ses chances de titre.
Le Néerlandais avait pourtant réussi à conclure la saison, mais Monza a servi de déclic interne. Entre l’Italie et Singapour, Verstappen a pris part à plusieurs réunions techniques pour identifier les causes profondes des difficultés, un rôle que Christian Horner avait décrit comme crucial. Dès Singapour, Verstappen assurait que « le pire était passé ».
La réalité est que le déclin s’est prolongé jusqu’en 2025. L’écart avec McLaren n’a cessé de croître, au point que Red Bull a dû reconnaître avant la pause estivale que les deux titres mondiaux étaient hors d’atteinte cette saison. Pourtant, à Monza, le constat est plus encourageant qu’un an plus tôt. Comment expliquer cette amélioration, et que peut-elle signifier pour la suite ?
Simulateur, réglages et moteur
La réponse nuancée est que, comme toujours en F1, c’est une combinaison de facteurs. Vendredi, Marko en a énuméré trois derrière le garage Red Bull: les leçons de 2024, la mise à niveau du sol de ce week-end et une «philosophie différente» pour installer la voiture. Lorsqu’on lui a demandé lequel importait le plus, Verstappen était clair: «Je pense que c’est principalement lié à la configuration. Nous avons beaucoup appris sur la façon de mettre en place cette voiture.»
Ces leçons ne se contentent pas de retracer à Monza l’année dernière, mais aussi de la course à domicile de Verstappen cette saison. «Je pense que nous avons beaucoup appris sur la voiture à Zandvoort.» Comme on pourrait s’y attendre, Verstappen n’est pas entré dans les détails, mais il y a des indices. Une partie de cela réside dans la préparation par l’équipe d’un week-end de course. Cette année, la corrélation de la soufflerie et du simulateur n’a pas toujours été sur le point, et donc Red Bull, comme Marko l’a admis, s’appuie désormais un peu moins sur ces outils qu’auparavant.

Max Verstappen, Red Bull Racing | Photo par : Mark Thompson / Getty Images
Comme souvent en F1, la réponse tient à un ensemble de facteurs. Marko en cite trois : les leçons de 2024, la mise à jour du plancher introduite ce week-end et une « philosophie différente » de réglages. Pour Verstappen, c’est surtout l’approche technique qui a changé : « Nous avons beaucoup appris sur la manière de mettre cette voiture au point. »
Ces leçons remontent autant à Monza 2024 qu’au GP de Zandvoort cette année. Sans entrer dans les détails, Verstappen laisse entendre que l’équipe s’appuie désormais moins sur la soufflerie et le simulateur, dont la corrélation s’était avérée perfectible.
Autre évolution : Red Bull ne joue plus avec les modes moteur à l’entraînement. « Nous utilisons désormais notre mode course normal », explique Verstappen. Marko confirme : « Nous savons que le moteur peut encaisser, donc nous suivons simplement notre plan. » Un choix qui permet de mieux cerner la performance réelle de la voiture sur des circuits comme Monza.
À cela s’ajoute l’introduction d’une nouvelle unité de puissance ce week-end, et le fait que les difficultés liées au faible appui aérodynamique (conséquence du plafond budgétaire en 2024) pèsent moins lourd cette saison.
L’appel de Verstappen : less grip, more speed
Au-delà de ces ajustements structurels, certaines décisions clés du week-end portent la patte du pilote. Verstappen raconte avoir insisté pour une configuration avec moins d’appui arrière, malgré les doutes exprimés au sein de l’équipe.
« Je sentais que c’était ce qu’il fallait faire, et heureusement ça a fonctionné ».
Certains ingénieurs, dont Pierre Wache, préféraient opter pour davantage d’appui afin d’optimiser le temps sur un tour. Verstappen a choisi l’inverse : privilégier la vitesse de pointe, utile en course pour attaquer comme pour défendre. « Vendredi, nous perdions surtout du temps dans le premier secteur, mais nous avons corrigé ça », explique Marko.
« Max a exécuté la stratégie à la perfection. »
Ce choix aura forcément un impact sur la gestion des pneus. « J’ai un peu plus de vitesse de pointe, mais au final il faut aussi aller vite dans les virages », rappelle Verstappen. « McLaren reste très fort sur ce point et gère mieux les pneus, ce qui reste un avantage. »

Max Verstappen, Red Bull Racing | Photo par: Clive Rose / Formula 1 via Getty Images
Et pour la suite ?
Reste à savoir si ces progrès pourront être reproduits ailleurs. Verstappen souligne que la RB21 est généralement plus compétitive sur les circuits à appui moyen ou faible, mais que ses faiblesses sur les tracés urbains lents et bosselés demeurent.
« Ce sera toujours un problème », admet-il. « Mais si nous arrivons à maintenir cette approche, cela peut nous aider dès le vendredi. » L’enjeu est désormais de trouver la bonne fenêtre de réglages sans devoir bouleverser la voiture entre les séances, comme trop souvent cette année.
Marko affirme que la fenêtre d’exploitation a été élargie. Verstappen tempère : « C’est toujours sensible, mais nous comprenons mieux où nous devons être avec cette voiture. »
À Monza, Red Bull semble avoir trouvé un équilibre. Cela ne garantit rien pour la suite, mais constitue un premier pas dans la bonne direction.
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