Il y a tout juste cinquante ans, Niki Lauda décrochait son premier titre mondial de Formule 1. Une troisième place à Monza suffisait pour sacrer l’Autrichien, tandis que son coéquipier Clay Regazzoni offrait au public italien une victoire à domicile en guise de bouquet final.
En 1975, Lauda et Ferrari ont redonné des couleurs à la Scuderia après onze ans de disette. Avec neuf pole positions et cinq victoires en quatorze courses, l’Autrichien a imposé une nouvelle rigueur qui annonçait déjà une ère dorée pour Maranello, une dynamique que seule l’ère Schumacher égalera plus tard.
L’arrivée chez Ferrari et le rôle de Clay Regazzoni

Clay Regazzoni, Niki Lauda, Ferrari 312B3-74 Photo de: Bernard Cahier / Getty Images
Arrivé en 1974, Lauda s’était immédiatement révélé rapide mais encore irrégulier. Ferrari l’avait recruté sur recommandation de Clay Regazzoni, qui voyait en lui un jeune talent capable de relancer l’équipe. Cette saison-là, Regazzoni manqua le titre face à Emerson Fittipaldi pour trois petits points, tandis que Lauda terminait quatrième. « Si je faisais tout correctement, j’étais plus rapide que lui, » admettait Lauda.
« Mais Clay m’a poussé à donner le meilleur de moi-même. Sans lui, je n’aurais jamais atteint ce niveau, surtout dans une équipe comme Ferrari où la politique comptait autant que la vitesse. »
Luca di Montezemolo, le stratège novice

Niki Lauda et Luca di Montezemolo | Sutton Pictures
La Scuderia était alors dirigée par un jeune de 27 ans, Luca di Montezemolo. Inexpérimenté mais audacieux, il apprenait vite. Certaines décisions étaient discutables; comme à Monaco en 1974, où il plaça Lauda du mauvais côté de la grille pour contrer Ronnie Peterson.
La révolution technique de Forghieri

Niki Lauda | Photo de : David Phipps
La saison 1975 prit son envol grâce au génie de Mauro Forghieri, ingénieur en chef de Ferrari. Sa 312T introduisait une boîte transversale placée devant l’essieu arrière, transformant l’équilibre de la voiture.
Lauda, perfectionniste, exploitait à fond le circuit privé de Fiorano pour tester et affiner chaque détail. « Plus nous roulions, plus nous progressions vite, » expliquait-il. Cette rigueur technique deviendra sa marque de fabrique et l’un des secrets de son succès.
Monza 1975 : la consécration

Niki Lauda, Ferrari 312T, Mauro Forghieri (ITA) Ferrari Designer | Photo de : David Phipps
Arrivé en Italie avec une confortable avance, Lauda savait qu’une cinquième place suffirait pour être champion. Parti en pole, il laissa Regazzoni filer vers la victoire et assura une troisième place, synonyme de couronne mondiale.
Pour Ferrari, le scénario était parfait : un triomphe devant le Tifosi, et un nouveau champion du monde dans la famille. Fidèle à lui-même, Lauda célébra sobrement : ses premiers mots furent une remarque technique sur un amortisseur défectueux.
Le premier titre, le plus difficile

Podium troisième place Niki Lauda, Ferrari | Photo par : lat pictures
Pour Lauda, ce titre avait une saveur unique. « Le premier est toujours le plus dur, » expliquait-il plus tard. « C’est celui qui prouve que tout ce que vous avez fait depuis la Formule 3 en valait la peine. Ensuite, les autres titres viennent plus facilement, car vous savez que vous en êtes capable. »
Ce jour-là à Monza, porté par la foule et escorté par la police montée pour atteindre le podium, Lauda découvrit la ferveur d’un peuple et la reconnaissance d’une équipe. Et s’il devait retenir une chose, ce serait la simplicité de ce moment : « C’était la plus belle journée de ma vie. »
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