À quelques jours de la WSK Final Cup sur le circuit de Crémone, les projecteurs du karting mondial se tournent vers l’un des événements les plus prestigieux de la saison. Véritable vitrine du karting international, la World Series Karting réunira du 6 au 8 novembre les meilleurs pilotes issus de plus de 50 pays, dans une atmosphère d’intensité où se forgent les futurs champions du sport automobile.
Parmi eux, Ilyass El Marzouqi, pilote marocain engagé en KZ2, figure actuellement parmi les meilleurs du Championnat du Maroc de Karting 2025.
À la veille de ce spectacle international, L’Paddock Marocain a recueilli ses impressions, ses ambitions et son regard sur cette nouvelle étape de sa carrière.

Que ressens-tu à l’idée de représenter le Maroc lors d’un événement international aussi prestigieux que la WSK ?
Représenter le Maroc lors d’un événement international aussi prestigieux que la WSK est une immense fierté. Au-delà de la compétition et de la passion que je porte à ce sport, c’est l’occasion de porter haut les couleurs de mon pays, de montrer notre passion, notre détermination et notre talent sur la scène internationale, dans un domaine où le Maroc est malheureusement sous-représenté. C’est à la fois avec une grande émotion, beaucoup d’humilité, mais aussi une motivation sans limites. Savoir que je défends les valeurs et l’image du Maroc me pousse à donner le meilleur de moi-même, à chaque instant. J’attends la WSK avec énormément d’excitation, et elle n’en est que décuplée lorsque je sais que j’arborerai le drapeau de mon pays. Dima Maghrib !
Tu réalises actuellement une saison solide en KZ2 dans le Championnat Marocain de Karting. Quelle course ou moment t’a le plus marqué cette année ?
J’ai vécu énormément de moments inattendus cette saison, et ai pu faire monter l’adrénaline à plusieurs reprises. Mais à choisir, un moment mémorable pour moi serait la deuxième course du championnat, à Agadir. Toute la semaine de roulage, nous avons eu quelques frayeurs en termes de matériel et de réglages techniques. Je ne pensais pas pouvoir performer au maximum de mon potentiel, et j’ai pourtant tout donné aux entraînements, sans jamais rien lâcher. Les manches de qualification et de Heat ne se sont pas forcément bien passées, et j’ai commencé à perdre patience. Arrive la finale, et je me suis reconcentré au maximum. “Li liha liha” ! J’ai pu réaliser un départ parfait et doubler mes coéquipiers au premier virage. C’était la première fois que je prenais le lead d’une course aussi vite et aussi longtemps. J’ai passé les 16 tours de la course en tête et c’était un feeling sans pareil. Au dernier virage du dernier tour, j’ai eu une demi-seconde de déconcentration et me suis malheureusement fait doubler. Je reste un éternel insatisfait, mais j’ai tout de même savouré ma seconde place. J’étais et reste à ce jour fier de moi, de mes efforts, de ma détermination, et je compte emmener ce sentiment avec moi à l’international.
Quels sont tes objectifs pour cette manche de la WSK, au-delà du résultat pur ?
Je suis conscient de la chance et de l’opportunité qui m’est présentée. Bien sûr, mon esprit de compétition me pousse toujours à viser la première place, à m’améliorer et à toujours fournir plus d’efforts. Cette fois-ci, le cadre de la WSK m’impose de me fixer de nouveaux objectifs tout en n’oubliant pas les premiers. On parle tout de même du championnat du monde de karting, où je pourrai me mesurer à certains des pilotes de KZ2 les plus talentueux internationalement. Bien sûr, j’aimerais pouvoir apprendre de leur expérience. Mais je veux surtout pouvoir en savoir plus sur leur mindset, sur leur vision globale du racing, de l’environnement et des process. J’espère pouvoir repartir de Crémone avec une vision plus claire de ce que représente le très haut niveau, non seulement sur la piste, mais aussi en dehors : dans la préparation mentale, le travail d’équipe et la discipline quotidienne. Plus que jamais, cette manche représente pour moi une étape dans un parcours, pas seulement une course. Je veux vivre chaque instant, apprendre de chaque tour, observer, échanger, comprendre. Au-delà du résultat, mon objectif est de progresser humainement et sportivement, de renforcer ma constance, et de faire honneur au Maroc en montrant que notre pays a toute sa place parmi les nations du karting international.
Tu as débuté le karting en 2021 : qu’est-ce qui a le plus changé dans ta manière d’aborder la compétition depuis tes débuts ?
Je pense que le skill que j’ai le plus réussi à développer depuis 2021 est mon sang-froid. Lorsqu’on commence le karting, on peut rapidement être impressionné par le rythme et perdre ses moyens sur la piste. J’avais tendance à m’énerver énormément et à perdre le contrôle de ma raison pendant les courses.
Pour être honnête, les esprits s’échauffent encore lorsque l’adrénaline monte, mais la clé est de maîtriser son impulsivité pour pouvoir analyser la situation de manière plus posée et raisonner. En tout cas, travailler sur son calme pendant une course de KZ n’a pas l’air aussi facile que ça : lorsque l’on reçoit de la pression de tous les côtés, que l’atmosphère est tendue ou qu’il y a des couacs avec le matériel, on s’enflamme rapidement. Mais je suis heureux d’avoir pu travailler sur mon professionnalisme et donc d’aiguiser mon esprit compétitif. Cela me permet d’étudier mes faits et gestes, mes compétiteurs et aussi mes erreurs pour pouvoir les rectifier le plus vite possible. Du sang-froid et du calme, on n’en aura jamais assez, donc j’espère pouvoir y travailler encore plus au cours de la WSK !
Comment te prépares-tu (mentalement et physiquement) à affronter des pilotes venus de plus de 50 pays ?
En amont de la compétition, j’ai mis en place un entraînement spécifique avec mon coach sportif, Ilyas, qui m’accompagne et m’encourage à fond. Il m’aide à tonifier mes muscles et à maintenir mon poids de croisière en karting grâce à des exercices ciblés et une alimentation saine. On travaille aussi beaucoup le cou, la nuque et le cardio : des points essentiels pour un pilote de course qu’on ne prend jamais à la légère. Mentalement, j’essaie de rester concentré sur mes entraînements et mes études de piste, mais l’excitation finit toujours par l’emporter. Depuis quelques semaines, je me suis mis des œillères : je ne vois et ne respire que par cet objectif. J’ai hâte de découvrir la piste de Crémone, d’entendre les moteurs d’une quarantaine de KZ en même temps, et de ressentir cette atmosphère électrique propre aux paddocks. Bien sûr, aller dans l’environnement le plus compétitif du karting professionnel peut être stressant, mais c’est aussi ce qui rend l’expérience unique. Ce qui me réjouit surtout, c’est de savoir que je vais croiser des pilotes venus des quatre coins du monde, tous différents, mais réunis par la même passion. Je reste humble et reconnaissant de cette opportunité, et j’ai vraiment hâte de m’imprégner du niveau et de l’intensité de cette compétition. Merci de votre soutien et de vos encouragements !
Au-delà de la performance sportive, la participation d’Ilyass à la WSK incarne la montée en puissance du karting marocain sur la scène internationale…Une aventure que L’Paddock suivra de près, au fil des tours et des émotions.
© Paddock Team
- Que ressens-tu à l’idée de représenter le Maroc lors d’un événement international aussi prestigieux que la WSK ?
- Tu réalises actuellement une saison solide en KZ2 dans le Championnat Marocain de Karting. Quelle course ou moment t’a le plus marqué cette année ?
- Quels sont tes objectifs pour cette manche de la WSK, au-delà du résultat pur ?
- Tu as débuté le karting en 2021 : qu’est-ce qui a le plus changé dans ta manière d’aborder la compétition depuis tes débuts ?
- Comment te prépares-tu (mentalement et physiquement) à affronter des pilotes venus de plus de 50 pays ?
