Lorsque Monza a refait surface lors du Grand Prix d’Italie de Formule 1 l’an passé, la prudence a dominé. Les McLaren, par exemple, ont choisi une stratégie à deux arrêts et s’y sont tenues, sans se douter que Ferrari allait bouleverser la donne en osant un seul arrêt.
Cette année encore, Pirelli estime qu’un seul arrêt sera le scénario le plus probable. Le niveau attendu de graining n’a pas été particulièrement marqué lors des trois séances d’essais libres, ce qui laisse présager une stratégie « médium → dur » comme schéma principal.
Le directeur de Pirelli Motorsport, Mario Isola, nuance cependant : “un pilote partant en dehors du top peut inverser la logique en allongeant son premier relais avant de terminer en pneus tendres.”
De quoi donner de la matière aux stratèges : si une équipe parvient à gérer ses pneus médiums (ou durs) sur une trentaine de tours, alors les tendres pourraient offrir un avantage en fin de course. « Si quelqu’un réussit à prolonger son premier relais au-delà de 30 tours en médiums, alors les tendres deviennent une option », explique Isola. « L’écart de performance entre médiums et tendres n’est pas énorme. Deux arrêts ne sont envisageables qu’en cas d’imprévu, comme une safety car. »
La majorité des pilotes ne disposent que d’un seul train de médiums (Verstappen a deux sets de durs, Hadjar deux de médiums, et les Mercedes devraient emmener un médium usé en plus d’un neuf). Les tendres restent donc un joker à dégainer en cas de perturbation.

Andrea Kimi Antonelli, Mercedes | Photo de : Steven Tee / Lat Images via Getty Images
Ce n’est pas la première fois : les composés tendres offrent plus de grip, mais leur ressenti peut être moins stable et certains pilotes préfèrent la fermeté d’un composé plus dur », ajoute Isola.
Ainsi, un pilote prolongeant son relais en médiums pourrait tenter un finish en tendres, tandis qu’un arrêt anticipé autour du 20e tour mènerait plutôt vers les durs. À l’inverse, un départ en durs pourrait ouvrir la porte à une fin de course agressive en tendres. Charles Leclerc a d’ailleurs été le seul à tester un long relais en tendres lors des EL2, signe que Ferrari pourrait rejouer le coup stratégique qui lui avait souri l’an dernier.

Charles Leclerc, Ferrari | Photo par : Clive Rose / Formula 1 via Getty Images
Reste que la faible dégradation limite les opportunités d’undercut. Isola souligne que l’overcut n’a pas non plus montré un grand potentiel, même si la position en piste et l’effet d’aspiration à Monza pourraient encore redistribuer les cartes.
Dans ce contexte assez figé, ce seront les équipes capables d’improviser et de réagir à la moindre neutralisation qui tireront leur épingle du jeu. Une safety car pourrait transformer une course stratégique prévisible en véritable casse-tête !
© Paddock Team
